À l’époque surtout pratiquées pendant les longues soirées d’hiver, les différentes méthodes de fabrication des tissus requéraient patience et dextérité. Que ce soit pour confectionner des vêtements, des couvertures ou divers accessoires, les travaux de tricot, de dentellerie ou encore de courtepointe font partie du paysage acadien traditionnel et contemporain.
Bonjour, j’m’appelle Annette Léger White puis j’suis enseignante à l’école d’immersion française.
Pour longtemps on a parlé, pour longtemps depuis peut-être une 40aine d’années, on a parlé du costume traditionnel acadien féminin, masculin basé sur les recherches qui avaient été fait à l’époque au sujet du, des acadiens, comment ils vivaient, pis d’où ils venaient, de quelle région ils venaient. Et depuis on a aussi utilisé souvent le, basé sur le poème de Henry Wadsworth Longfellow, Évangeline et puis on a aussi emprunté son costume, qui a donné beaucoup de conflit entre lequel était le costume porté anciennement par les acadiennes. Est-ce que c’était le costume Évangeline ou est-ce que c’était le costume dit costume traditionnel. Comme on a voulu essayer d’identifier à travers les documents et les journals.
Le costume bien sûr c’est toujours, ça reflète toujours le climat, il faut toujours penser ça c’est la priorité et puis oui c’est sûr que quand les acadiens sont arrivés ici, ils avaient quand même un certain gout pour la mode et les tendances de mode et parce qu’ils avaient après tout, les acadiennes sont de la France et puis on connaît bien le grand centre de mode de Paris. Puis il y a certainement eu des connaissances là, mais on a du à s’adapter vite au climat et aussi au mode de vie ici en Acadie. Alors c’est là qu’on a commencé à vouloir, par exemple élevé des brebis pour la laine et aussi cultiver le chanvre et le lin pour pouvoir se confectionner des costumes et pis c’était des costumes, c’est certain que, au début à le, à l’époque de la colonisation, ça a du être des costumes qui n’étaient pas tellement sophistiqués, c’était des costumes qui étaient plutôt utilitaires. Mais…
C’est pour se protéger du froid, travailler dans les champs
C’est ça, c’est ça, oui mais je pense que on a, on y a resté là un moment donné, pis on a voulu croire que le costume, il n’y a pas eu de, de
Changement
De changement dans le costume pour et puis c’est là, je pense qu’on a fait peut-être un, une petite erreur, parce que là quand on a, quand les historiens ont commencé à découvrir que, ah oui, y’avait quand même une société, la société des acadiens avaient quand même de certaines classes et pis ça, ça se reflétait dans l’habillement et y’avait quand même des certaines, une certaine sophistication. Les costumes étaient plus sophistiqués qu’on le pensait.
Est-ce que, y’a un, un costume qu’on peut dire, un costume acadien? Un tweed mark, un costume acadien?
Y’en a qui vont dire que oui, ce qu’on voit comme le mantelet et la jupe et le tablier et le mouchoir de cou et la coiffe, parce que la coiffe, on a, on est pas mal certain d’avoir pu identifier deux coiffes qui étaient portées à tous les jours, comme la caline et la capine dont on en a des belles exemples dans la collection du Musée acadien à l’Université de Moncton. Mais ce qu’on a négligé, c’est de, d’aller plus loin, de pousser les études plus loin, pour voir si y’avait pas d’autres variétés de coiffures ou de costumes, mais oui on a pu en identifier un, qui est bien présenté au village historique acadien par exemple, mais je pense qu’il y a encore beaucoup de recherche à faire.
Est-ce que les costumes étaient différents d’une région acadienne à l’autre par exemple, est-ce que les, les costumes au Nouveau-Brunswick chez les acadiens d’ici étaient différents que ceux dans le boute de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse par exemple?
C’est fort probable que dépendamment des régions de la France d’où les acadiennes venaient, que il y a eu cette influence là, parce qu’en France, il y a définitivement des costumes folkloriques qui ont été développés, qui sont régionals, les costumes régionals, mais pour identifier à ce point là. Moi je dirais plutôt que ici en Acadie, les variances, les différences dans les costumes seraient plutôt du à la région géographique et aux classes, à la société comme tel de gens. Un exemple, par exemple ce serait, je pense à un endroit, un grand port de mer comme Arichat par exemple, où on avait des navires qui venaient, qui importaient, exportaient, y’a définitivement ces gens-là avaient accès, avaient beaucoup plus accès à une variété de costumes, de tissus, d’accessoires que par exemple une région où c’était plus isolé.
Évangeline est un autre costume différent que le costume soit dit traditionnel acadien. Mais il est très intéressant, parce que encore aujourd’hui, on l’utilise dans les fêtes et à divers, pour diverses activités pour représenter le costume acadien, le costume de l’acadienne, mais le costume d’Évangeline est surtout venu, surtout par romantisme peut-être après avoir lu le fameux poème de Henry Wadsworth Longfellow et puis dépendamment des artistes qu’on aurait demandé de représenter le costume, l’Évangeline que ce soit des statues ou que ce soit des peintures ou autres. Vraiment la représentation d’Évangeline, c’était d’après l’artiste, d’après ce que lui percevait et parfois on avait des artistes qui n’avaient pas nécessairement connu l’histoire des acadiens ou des acadiennes qui auraient représenté Évangeline d’une, et bien sûr son costume, d’une tel, telle manière. Éventuellement on a eu un, un comité, on a mis un comité sur place pour, j’pense c’était pendant les années 1920, et on a eu un échange avec la Louisiane où on a eu un groupe de jeunes chanteuses qui sont allées, pis on a réellement mis un comité sur place pour déterminer quel allait être le costume. Mais le costume, ce qui est intéressant au costume d’Évangeline, c’est que lui aussi, il a évolué, il a eu toute une évolution dans son costume. Le costume d’Évangeline par exemple a, il suivait, il aurait suivi plus les tendances de mode que le costume traditionnel. Alors dépendamment de la mode de l’époque si c’était les années 1920, 1930, on voit par exemple la taille qui va monter ou descendre.
Un moment donné, on s’est entendu pour un costume, après qu’il y ait eu l’évolution du costume Évangeline là, jusque dans les années 1950 là on a de, à nouveau redessiner le costume si vous voulez, là y’avait vraiment, réellement le corselet noir à lacet, pis y avait le mouchoir de cou, y avait la coiffe, y avait la jupe bleue ici au Nouveau-Brunswick, mais pour une raison ou une autre en Nouvelle-Écosse, on la représente comme rouge, je pense que c’est pas pour une raison ou une autre, je pense que c’est dans le poème si je me trompe pas, je pense que y a mention de, des couleurs pis je pense que le bleu et le rouge, tous les deux sont mentionnés par Henry Wadsworth Longfellow et puis pour une raison ou une autre le, la Nouvelle-Écosse souvent a tendance à utiliser la jupe rouge plutôt que la jupe bleue.
On parle beaucoup des costumes usagés, du linge usagé, y a frenchy’s pis tout ça, ca vient, est-ce que ça c’est, ça vient des régions acadiennes pour vous, c’est, c’est-tu quelque chose qui touche de près les acadiens ça?
Ça touche, ça toucherait de près les acadiens probablement parce que ils ont beaucoup recyclé dans ce sens là. Ça serait probablement juste une continuité de, de qu’est-qu’on a toujours fait, parce que si vous regardez les couvertures pi, piquées par exemple, les tissus même si la couverture a été confectionnée à telle époque. Si on regarde de plus près, souvent les tissus sont beaucoup plus vieux. Ce sont des, des tissus qui ont été recyclés dans les couvertures piquées et même on aurait dans les tapis hookés et on trouve, on trouve le recyclage chez les acadiens partout.
Est-ce qu’il reste quelque chose aujourd’hui du costume acadien? Est-ce qu’il ya encore quelque chose de typique d’acadien dans ce que les, les acadiens portent, ou il y a plus rien de ça?
Y’a encore du tissage qui se fait et il est beaucoup, c’est beaucoup dans le même style que, qu’autrefois donc le tissage se fait encore, mais comme coupe et confection du costume, on a, j’oserai dire que c’est, c’est disparu.
J’sais qu’on parlera, je voulais pas parler beaucoup de textiles, mais en Acadie, on faisait beaucoup de pièces, des catalognes, des couvertures piquées, qu’est-ce qui caractérisait le travail de ces textiles là, est-ce que c’était les longues heures de travail, le, les designs, que, qu’est-ce qui faisait le spécial de ces textiles là?
C’était les longues heures de travail avec le petit de matériel que les artisanes avaient à travailler avec, car ils avaient très peu et les techniques étaient quand même d’après les experts, les expertes, incroyable technique et très, très beau travail.
© Institut d'études acadiennes. Tous droits réservés / All rights reserved.