Les tapis hookés

Autrefois confectionnés pour recouvrir les planchers pendant l’hiver, les tapis hookés ont depuis acquis leurs lettres de noblesse dans le domaine artistique. Les œuvres d’Élizabeth LeFort, une hookeuse bien connue de Chéticamp, en Nouvelle-Écosse, se retrouvent aujourd’hui jusqu’au Vatican, à la Maison Blanche et au palais de Buckingham.

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Mon nom est Lucienne Lefort, pis je travaille à la coop artisanale à Chéticamp. Asteure, je me graye à hooker. Ça c’est l’artisanat local de Chéticamp, c’est appelé les tapis hookés, nous autres on est reconnu international pour les tapis. Ça a commencé dans les 1800, mais tard, pis c’est une madame Forêt qui était marié avec un Fiset, un docteur, pis elle, y restions à l’ancienne Lorette, Québec, mais elle avait pris, appris ça des sœurs de Québec. Pis quand qu’elle a déménagé à Chéticamp, lui y venait pratiquer la médecine à Chéticamp, c’est elle qui l’a montré aux dames, mais quand qu’ils ont commencé à hooker, y défaisaient des vieux chandails, des coats, puis y usaient des sacs à patates. Fais y décousaient les sacs à patates, pis là y les lavaient pis les coudaient ensemble pis faisaient des tapis, mais c’était juste pour leur propre usage. Parce que le monde étaient pas riche, pis ils avaient des planchers de bois. Ça fait que ça réchauffait les planchers.

Pis asteure, nous autres, ben on utilise une laine fine qui est une laine pure à 2 brins, pis on travaille en dessous, on va chercher notre laine, pis les métiers sont faits à Chéticamp, pis les hooks sont fait à Chéticamp aussi, pis tout ce que c’est, c’est un p’tit morceau de bois, pis y mettent un clou, pis ça c’est la tête du clou qui la file. Ça fait, on va chercher sa laine avec le crochet pis on l’amène à travers de la jute, ma main gauche met la laine sur le crochet pis on l’amène sur le fait pis ça forme une p’tite boucle. Mais là ce qu’on fait pour sécurer nos, notre dernière boucle parce que si je coupe, je vas rester avec juste un brin de laine, pis on veut jamais y’ai moins deux brins de laine, ben on revont dans l’avant dernier pis on amène une deuxième boucle qui me donne quatre brins de laine. Celle là on la coupe, on tire pour changer de couleur, ça fait on a jamais moins deux brins de laines, pis trois quand qu’on finit, pis trois quand qu’on commence. Fais que c’est comme ça qu’y sont toutes faits.

On est reconnu pour les tapis pis nous autres, on est une coop, les femmes font le travail aux maisons. Leur maison, l’ouvrage n’est pas fait dans la boutique, le hookage est toute fait dans les maisons individuelles. Puis les dessins sont toutes faits à main propre pis la laine , elle est toute teindue local, pis quand qu’y teint la laine pour les feuilles et les fleurs normalement c’est comme 4 différentes nuances de chaque couleur, mais dans les grands tapis comme des 10 pieds, des 12 pieds, dépendant de la grandeur dépendant des motifs, y’en a qui utilise de 6 à 8 différentes nuances, fais que c’est quand même beaucoup de travail, c’est pas juste le travail même, c’est la préparation avant le travail aussi. Oh mais moi j’ai commencé, j’avais p’t-être une, 11, 12 ans. Ma mère a toujours hooké depuis que je m’en souviens, j’étais toute p’tite. Pis elle a 88, pis elle hooke encore.
 

 

Ressources additionnelles:

Crochet à tapis
Un apport économique
Cadre à tapis
Les tapis « hookés », Memramcook, N.-B.
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