Dans la famille acadienne traditionnelle comme dans celles d’autres sociétés, la grand-mère possédait des connaissances qui lui permettaient de prendre soin de toute sa famille. Tisanes, huiles, décoctions, mouches de moutarde, tous ces remèdes traditionnels étaient transmis au fil des générations.
J’coupe comme il faut là, pas mal égal, de toute façon, de toute façon si c’est pas égal j’mettrais des …
Alors, j’me présente Donat Lacroix, Caraquet pis là on est chez nous dans ma maison, j’aimerai voir vous parler parce que moi, je suis un p’tit peu plus vieux que vous autres, même si ça paraît pas. J’vais avoir 72 ans. Alors, quand j’étais, quand j’avais votre âge là, y avait pas de médecins comme aujourd’hui, y’a pas, y’avait pas d’hôpitaux ici, à Caraquet. Ma mère ben, elle nous soignait quand on avait la grippe là, elle nous soignait toute sorte de manière, elle utilisait de l’huile, l’huile camphrée ok. Puis aussi quand on allait à l’école pour pas attraper de grippe comme ça, y avait des petits cubes de camphre, elle mettait dans une petite poche pis on attachait ça à l’intérieur de notre chandail, pour personne voit, mais ça sentait le camphre. Bon, ça c’était pour pas attraper la grippe, quand on attrapait la grippe, hein, une d’estomac, là elle nous faisait, elle prenait comme une guenille, pis elle enduisait ça de moutarde, de moutarde pis elle nous plaçait ça sur l’estomac, ouh ça chauffait, mais c’était bon pour la grippe aussi ok. Puis à chaque mois, ma mère, elle nous purgeait, vous savez ce qu’est une purge hein, aujourd’hui on vous sert ça en chocolat comme du Exlax ou des belles petites pilules là avec des herbes qui vous font aller à la toilette. C’est pas drôle, mais c’temps là elle nous donnait une cuillérée, chaque mois, une cuillérée de huile de castor, c’était pas bon, ah, on aimait pas ça, mais fallait le prendre, ça fait, elle pressait une orange, un orange comme il faut, pis aussitôt qu’on avait pris l’huile de castor, une gorgée de jus d’orange, ça c’était beaucoup mieux t’sais là, ça, on aimait le jus, le jus d’orange ok. Pis aussi pour prévenir la grippe, chaque automne, c’était de l’huile de, l’huile de foie de morue, bonne vitamine D là-dedans, mais avant qu’y’ait les, le foie de morue en capsule, c’était à la cuillère et ça aussi c’était pas djable à prendre. Vous dire, avant le déjeuner le matin, ça te faisait lever le cœur, mais on y allait pareil avec un p’tit peu de jus d’orange ok. Et puis aussi dans le vieux temps là, nos mères faisaient du vin, chez ma mère, elle faisait du vin avec la chasse-pareille, y disait chasse-pareille, c’est qu’la plupart comme ma mère n’avait pas été à l’école hein, savait certainement pas vu le mot écrit, mais y appelait ça chasse-pareille mais ça, le vrai mot c’est salsepareille, salsepareille, vous trouvez le mot dans le dictionnaire à l’école si vous cherchez, vous allez le trouver le mot salsepareille, mais les vieux disait chasse-pareille et ils prononçaient comme ils avaient entendu eux-autres.
On va la retrouver à un endroit où on a buché depuis trois quatre ans, qu’on a déjà buché pis là avant que les arbres poussent trop long, c’est sur une petite tige là, pis au bout d’une p’tite branche, c’est des petites aiguilles, au bout là y’a un p’tit, ça ressemble comme un bleuet, c’est comme noir. C’est plus noir, pas tout-à-fait aussi gros qu’un bleuet, mais c’est plus foncé, c’est noir. Pis y en une au bout de chaque aiguille, pis ça pousse un peu comme une ombrelle, une demi sphère, pis ça se ramasse bien, pis ça s’appelle la salsepareille, ça ressemble comme un bleuet mais c’est pas aussi doux qu’un bleuet, c’est très acre, ça fait, on met peut-être un gallon de graines comme ça dans une tinette qu’on, un contenant pis on met peut-être 4 gallons d’eau, pis on laisse ça quelques jours. Et après un temps, toute la salsepareille qui est au fond de l’eau, à mesure, elle monte, pis l’eau vient rouge vin comme du vin là ok. Pis on enlève ces graines là, pis on met une certaine quantité de sucre, tout dépendant de la quantité de vin qu’on a, du sucre pis on fait fermenter, mais ma mère, elle, elle laissait pas fermenter vous savez, parce que quand ça fermente ça fait de l’alcool, pis ça fait tourner la tête quand on en boit trop ok. Ça fait, elle laissait pas fermenté, aussitôt qu’elle avait enlevé les graines, ça fait comme un jus hein, un jus de bleuet, un jus de salsepareille, elle nous mettait du sucre là-dedans pis hut, on buvait ça comme ça, pis c’était bon. Puis comme le bleuet actuellement on a trouvé c’était un très, très bonne antioxydant pour le système, c’est bon comme un, comme un remède, ça réduit le cholestérol pis le gras, alors ça doit être aussi bon, peut-être meilleur, parce que c’est plus âcre, que le bleuet. Alors c’est queque chose qui, qui est bon à boire, c’est quand on met le sucre dedans c’est, mais y a pas beaucoup de gens, pis j’suis certain peut-être que votre maman ou peut-être votre grand-maman connaissait ça, parce qu’aujourd’hui ça s’fait pas beaucoup, y’a pas beaucoup qui le fait, mais moi j’ai gardé la tradition de ma mère.
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