Le violon occupe une grande place au sein de la culture acadienne, tant au niveau de la musique folklorique que populaire ou même classique. Utilisé bien avant les années 1850, il fait encore aujourd’hui vibrer les foules lors de festivals, de spectacles et autres soirées.
À titre d’exemple, j’ai sorti un instrument. Ça, c’est une facture allemande c'est-à-dire c’est un violon d’origine allemande du début du XXe siècle, donc quand même un bel instrument avec un beau vernis. L’instrument a été réparé, y avait quelques fractures, maintenant les fractures sont invisibles. Souvent ça va, il va arriver des fractures au niveau de la table ou de l’fond, on peut restaurer et ça devient invisible. D’accord, mais il faut toujours aviser le client que l’instrument a été réparé. Dans ce cas-ci, c’est presque invisible là, on peut voir ici qu’il y a eu une fracture, mais à part ça l’instrument est quand même en bon état. Comme ici, c’est un vernis qui a été dégradé et puis avec l’usure et puis on peut voir ici que y a des retouches à refaire. C’est ces retouches ici-là. Donc, on appelle ça faire une retouche de vernis, donc on essore du vernis coloré à une couche très, très mince et à la fin, lorsqu’on regarde, ces choses-là disparaissent à l’œil. D’accord, les retouches de vernis c’est quand même dans la lutherie une forme d’art. C’est pas tous les luthiers qui peuvent le faire d’une façon invisible, c’est vraiment, vraiment une chose qui est très reconnue dans le métier. Et y’a des collègues qui sont tout à fait extraordinaires pour faire des retouches, donc y’en a d’autres c’est plus difficile, c’est comme d’autres choses dans la vie.
Ici, on peut voir que le, y’a des trous de vers qu’on appelle, le bois étant assez vieux, les vers ont rongés l’intérieur. Ça crée une certaine ligne, ici on peut les voir. Ça c’est un instrument que j’ai restauré entre autre et puis j’vais essayer de me rappeler ce que j’avais fait, y’avait, j’ai du refaire des bouchages au niveau des trous pour les chevilles ici. Ça c’est les chevilles, et puis ça c’est le manche, la tête, le coquillard et puis la table, le fond, le chevalet, on fait un montage. Lorsqu’on fait un montage de violon, c'est-à-dire on va dire, on installe un chevalet et l’âme à l’intérieur. L’âme c’est un petit poteau de bois qui supporte le côté des aigus, les cordes aigus et puis c’est inséré ici par les F, ces deux choses là, on appelle ça des F. Et puis c’est ça qui ajuste le son du violon sur le côté des aigus. Tandis qu’en dessous ici dans le violon, on peut pas voir là présentement, il ya la bande d’harmonie qui eux supportent le violon de ce côté-là, pis supportent les graves, les grosses cordes. Et le but dans tout ça, c’est de faire ressortir le maximum du violon, c’est de le faire performer à son maximum. Et ça, on appelle ça un réglage. Ensuite le violon est présenté au musicien et là on fait un réglage sonore, c'est-à-dire le musicien va jouer de l’instrument et moi j’vais faire les ajustements, parce que y’a beaucoup de choses que je peux faire pour ajuster pour changer le son pour se rendre à une valeur optimum au niveau sonore. Et ça, ça prend du temps aussi, ça peut prendre en réglage, ça peut prendre 10 minutes ou ça peut prendre deux heures ou trois heures tout dépendant de l’instrument et du musicien, qu’est ce que le musicien recherche et tout ça. Donc ça prend du temps aussi dans l’apprentissage pour le luthier, je dirais que ça prend plusieurs années pour développer l’acuité auditive pour savoir quoi faire pour modifier le son. Et de là le rapport qui s’établit souvent avec le musicien sur une longue durée, parce que le musicien trouve qu’on développer une confiance avec le luthier et puis c’est un rapport quand même qui, qui souvent perdure pendant presque toute une vie.
© Institut d'études acadiennes. Tous droits réservés / All rights reserved.