La cordonnerie I

Il a existé en Acadie, comme dans toutes les sociétés traditionnelles, une variété de métiers qui ont permis aux habitants de subvenir à leurs besoins, que ce soit pour bâtir leur maison, confectionner des souliers, préserver la nourriture, etc. Certains de ces métiers se pratiquent encore, adaptés aux besoins de l’époque contemporaine.

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C’est quand qu’on coud un, un manteau de valeur en cuir, faut passer pas mal dans les mêmes trous que l’autre a cousu pour pas que ça paraisse. Pis c’est au pied de même je peux aller terriblement tranquillement, pour ça que je l’aime lui, il garde sa place. Faut croire que j’avais ça un peu en dedans de moi, ma mère, ma grand-mère faisait, des mocassins, des cat légués qu’y appelle là, pis faut croire qu’elle m’a légué ça. Dans la famille c’est moi qui a sorti, qui aimait travailler le cuir, c’est surtout le cuir. Le cuir, un métier. Voyez-vous c’est une paire de chaussure, elles sont presque neuves, mais la madame, elle a cassé son fer, le support du pied est cassé, fais que là faut que je démanche la botte pis que j’mette un autre support, ça c’est beaucoup d’ouvrage, il y en a beaucoup de plus en plus. On va prendre comme la botte Bullet, ça c’est une terrible de bonne botte, ça c’est canadien. Celui là, c’est pour aller travailler ici là si on a faire à placer notre cuir ou, vous comprenez, pour le boute là, pis aussi on peut le mettre par ici il est différent. Ça là, comme je disais t’à l’heure c’en est un vieux ça, j’le prends quand je suis choqué un peu là. Pis le marteau, ben là, faudrait avoir une bonne réparation pour vous faire un beau show. Ça c’est un tour, toutes des sableuses, il a 6 pieds à 8 pieds de long je crois ben. Ça c’est, ça c’est les constructions de chaussures. Bullet a gardé la vieille méthode, tant qu’à moi c’est la meilleure. Aujourd’hui on va avoir beaucoup de, c’est vulcanisé. Ça y’a un morceau de cuir de cousu après la botte, tandis qu’eux autres c’est juste collé, c’est faite plus à la machine.

Donc c’est plus fragile?
Oui, c’est pour ça que les bottes Bullet, on peut toujours changer les semelles pis les talons. Fais que la personne, on peut lui changer de couleur, elle peut l’avoir 10, 12 ans. C’est un métier que j’aime, c’est dur à expliquer pourquoi qu’on aime ça, parce que j’ai fait beaucoup de sacrifice comme ça. C’est pour ça que les jeunes c’est plus dur pour eux autres, parce que il fait le sacrifice de travailler pour soi-même. Pis faut que tu fasses ta paye, faut que tu faise, faut que tu comptes ton argent, tu peux pas te fier sur personne, faut que, c’est ça qui est dur surtout quand t’es tout seul. Si tu t’en vas, y’ a plus d’argent qui rentre fais que si tu prends des vacances y’a plus d’argent, t’en dépenses, tu reviens, tu dis oh! J’me suis couté cher. J’ai gagné ma vie avec ça. J’peux pas dire que c’est pas un bon métier, mais c‘est comme je te dis, c’est que le gouvernement avait poussé un p’tit peu plus, pis il en aurait formé peut-être qu’un cordonnier pourrait faire des, des chaussures spéciales, qu’on prend pour les handicapés, j’en ai beaucoup qui viennent ici, mais moi j’suis pas attitré pour leur offrir leur, leur réparation. Fais qu’ils vont à Bathurst pour faire refaire mais ils reviennent ici pour faire faire des bouts de réparations, parce que toujours aller à Bathurst, le transport ça leur coute cher. Fais que là moi, ils sont là, fais qu’ils peuvent venir trois, quatre fois par jour. Essaye, va prendre une marche, reviens, demain tu reviendras, fais que là il repart, mais c’est parce que j’ai pas de carte, j’ai rien, je peux pas charger. J’suis comme hors la loi en faisant ça.

Fais que moi ça a été mon gang pain, c’est que faut mettre du temps, faut mettre beaucoup de temps, parce que on travaille toujours avec queque chose qui nous appartient pas. Fais qu’on peut pas se permettre trop d’erreurs pour briser un manteau ou briser une paire de chaussure, fais que faut être attentif à notre ouvrage. Dans les jeunes, j’commence à en avoir par la moto, cuir de moto, skydoo, t’sais ça, ça a tombé, mais là ça revient, le cuir revient. C’est que faut faire des sacrifices, de commencer, pis de travailler pour soi, pis de mettre 80 heures par semaine, c’est ça qui, qui est dur pour les jeunes. Pis j’en ai connu d’autres, par des gars comme moi qui ont des cordonneries, rendus à 65 ans, ont voulu passer ça à un jeune, mais ils voulaient pas travailler 80 heures par semaine. Moi, ça finira jamais ça la cordonnerie, j’vais toujours avoir une clientèle, comprends-tu?
 

 

Ressources additionnelles:

La cordonnerie II, Shippagan, N.-B.
Trousse de cordonnier
Cordonnerie, Tracadie, N.-B.
Tannerie et cordonnerie, Grand-Sault, N.-B.
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