Métiers et occupations

Il a existé en Acadie, comme dans toutes les sociétés traditionnelles, une variété de métiers qui ont permis aux habitants de subvenir à leurs besoins, que ce soit pour bâtir leur maison, confectionner des souliers, préserver la nourriture, etc. Certains de ces métiers se pratiquent encore, adaptés aux besoins de l’époque contemporaine.

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Mon nom c’est Marguerite, Marguerite Haché, j’suis interprète, artisane au Village Historique Acadien. La plupart des vêtements dépendamment de l’époque, sont fait en laine et en lin, c’est les deux principaux matériels qu’on avait à notre disposition. Les moutons ben, ça nous donne la laine, pis le lin ben on va le semer. Alors les moutons, ben y faut les tondre, on tondait ça le printemps, toute la laine lui a poussé sur le dos pour toute le temps d’hiver, fais qu’y en a beaucoup, alors on va la tondre avec des forces, c’est comme des ciseaux en métal. Ça, on va tondre toutes nos moutons qu’on aura et après ça ben on va la laver cette laine là, parce que le mouton y se promène partout, y’a de l’urine, y’a des excréments qui s’accroche, des insectes, de la paille, du foin, n’importe quoi. Alors on les lave juste dans l’eau froide, parce qu’il faut conserver la lanoline, l’huile naturelle que le mouton sécrète, alors on la lave. Après ça on va la mettre à sécher, ensuite là on pourra commencer à l’écharpiller. Celle-ci, elle a déjà été faite, mais juste pour vous montrer écharpiller là, la laine elle est quand même, elle est lavé, elle est encore pleine de saletés, pleins de poussières, y’a pleins de pailles, alors il faut séparer les brins, en séparant les brins avec les mains comme ça, ben ça va faire tomber la saleté. Pis ça c’était un ouvrage qu’on faisait faire avec les enfants, à partir de l’âge de 5 ans à peu près, on pouvait commencer à les mettre à l’ouvrage en leur faisant faire ça. C’est pas difficile, ils sont assis avec leur mère autour de la table jusqu’à l’âge de 7, 8 ans, 9 ans, 10 ans, ils vont l’aider à écharpiller la laine. On peut raconter des histoires et pis on peut chanter des chansons en même temps, ça passe le temps.

Parce que c’est des longues heures de travail?
Exactement, alors après que la laine a été écharpiller, ben là c’est ça, ça nous donne une laine qui est beaucoup plus propre, pis beaucoup plus facile à travailler, alors il faudra passer à l’étape du cardage. Alors carder avec des cardes comme ça, c’est mettre la laine dessus, ça s’accroche hein, on dirait que c’est comme des p’tits clous. Et ensuite avec l’autre par-dessus, on va aller l’étirer pour allonger la fibre le plus long possible, pis ça allait de même et ça met la fibre tout dans le même sens. Ça c’est les plus vieilles filles qui vont faire ça avec leur mère. Parce que ça prend quand même, ça a d’l’air facile, mais ça prend quand même un peu de bras comme qu’on dirait. Ça ben les mères apprenaient ça à leur fille. Écharpiller, les garçons pis les filles pouvaient faire ça, mais la suite là c’est vraiment juste les filles qui vont l’apprendre. Après le rouet, y a encore ben de l’ouvrage, après que la laine aura été filée là, on va la laver à nouveau, on va la mettre sur le dévidoir, on va faire venir chaud, on va la laver avec l’eau chaude savonneuse pour enlever l’huile qu’on a plus de besoin. On va l’étirer pour la mettre à sécher parce que la laine quand c’est mouillé, ça frise, alors on l’étire pour garder le fil droit. Ensuite de ça, on va ramasser cette laine là sur les grosses bobines quand ce qu’on aura du fil de laine assez, on pourra monter le métier. Le métier c’est un grand morceau, qu’on avait pas tout le temps dans la maison, c’était pas nécessairement dans toutes les familles qu’on avait ça, mais si on en avait un, on va monter le métier, c’est la chaine, c’est une longue, longue pièce, 35, 40 verges de long, le plus long possible parce que tant qu’à le monter on va en mettre long assez. Après de ça, et ben on va la filer, on va la tisser la trame qui est de la largeur de la pièce jusqu’à temps qu’on est fini alors ça n’en prend beaucoup de la laine, fais que ça prend plusieurs moutons à peu, ils disent à peu près 7, 8 moutons par famille c’était suffisant.

Est-ce que ça s’est transmis un peu ces connaissances là?
Ben jusqu’aux années 1900, je pense que ça c’est continué peut-être jusqu’au années 1950, peut-être à peu près dans ces environs là. Après ça, ben là les manufactures ont pris le dessus, pis c’est là que les, que ces choses là ont commencé à se perdre, y’a encore des gens qui tricotent par exemple.

Y’a encore des métiers.
Y’a encore des métiers, y’a encore des gens qui fait du métier mais pas nécessairement juste avec la laine, avec toutes sorte de, de matériels toutes sorte de tissus là.

La plupart qu’on se, était un fermier, tu, t’es, t’as pas d’argent qui entre, c’est pas un salaire que tu reçois, la seule chose que ça permet, ça permet de vivre. Alors la plupart du temps après ça si y’avait besoin du forgeron ou du menuisier ben y faisait des échanges, y faisait du troc, échangeait une corde de bois ou un minot d’avoine ou y échangeait un service aussi, ça pouvait se faire. Au centre du village c’est là que les métiers comme ça se rassemblaient. Le forgeron était un métier assez important le forgeron c’est comme le mécanicien d’aujourd’hui, parce que les fermiers avaient toujours à faire à lui pour toutes les outils agraires, toutes les outils de ferme, lui pouvaient les faire, les réparer, les chevaux. Le maréchal ferrant lui c’était pour les chevaux, alors c’est important, un métier important, le menuisier aussi également.

Tout ce qui touche le bois.
Ouais c’est ça, y’avait des hommes de ferme qui étaient capable de faire ça un p’tit peu, ben y’avait pas nécessairement toutes les outils hein, fais que y a des meubles qui étaient plus beau que d’autres par dépendamment de l’habilité des gens pis des outils qu’y avaient. Pis après ça, ben vers la fin des années 1800, on a commencé plus à avoir des ferblantiers aussi qui faisait les, les pots à lait, les panes pour le pain, ces choses là, les cuves, les cuves en métal qu’on avait besoin. Ouais ça c’est le ferblantier qui faisait ça.
Pour le fermier c’est du matin au soir, ça c’est, c’est tout le temps, pis y’ a le dimanche qui était la journée de repos pour les autres, ben y’avait pas d’heures fixes, c’était eux autres même qui, qui fixait les heures là.

C’est le costume traditionnel, d’après les recherches qui ont été faite pour le village ici. Ouais, c’est comme ça que les gens étaient habillés. La jupe que je porte, ça c’est la jupe traditionnelle bleu, blanc et rouge c’est les couleurs avant, l’étoile était pas arrivée encore dans le drapeau. Mais au départ c’était ça les, les, pis le tablier comme ça à bavette, alors ça c’est à partir des années à peu près 1800, 1820 qu’on va être habillé comme ça. Un mantelet, du coton, on commence à avoir du coton, dans les années, au début 1800, on a trouvé, y a quelqu’un qui a inventé une machine pour le coton, le cotton gin machine au États. Pis là ben, l’industrie du coton a pris de l’ampleur. Comme ils avaient pas besoin de le faire, de le fabriquer ben ils sont mis à s’habiller avec ça, ils sont rendus compte par exemple que ça dure moins longtemps mais ils ont trouvé une façon de récupérer ça, ils font des couvertes avec, ils font des tapis hookés.

La laine de mouton
C’est nous qui la tendèmes
La laine de mouton
C’est nous qui la tendons
Tendons, tendons
La laine de mouton
Tendons, tendons
La laine de mouton

 

Ressources additionnelles:

Cardes
Couverture tissée
Démonstration d'une foulerie à Mont-Carmel, Î.-P.-É.
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