La Déportation des Acadiens

Entre 1755 et 1764, les autorités britanniques ont entrepris de déporter les Acadiennes et Acadiens qui habitaient la Nouvelle-Écosse. Plusieurs milliers d’entre eux ont été dispersés aux quatre coins de l’Empire britannique, d’autres ont fui, certains n’ont pas réussi à traverser vivants cette épreuve. L’Acadie actuelle s’est construite grâce à ceux et celles qui ont décidé, malgré tout, de recommencer. On retrouve encore parfois des bribes de cette histoire dans la tradition orale acadienne, au détour d’une conversation.

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Ben moi quand j’étais jeune, j’avais 12 ans, avec ma grand-mère, je restais chez ma grand-mère, je faisais le train d’étable, tu sais pis, elle me contait des vieilles histoires, pis elle me contait le soir après souper là. En 1755, le grand-père de ton grand-père, elle dit ça, le grand-père de ton grand-père il avait 13 ans quand ils l’ont embarqué dans la chaloupe, moi j’étais p’tit gars, je le voyais tout le temps debout dans la chaloupe, j’voyais des images dans l’eau, je voyais le père de mon grand-père assis debout dans la chaloupe pis elle dit là y ont monté le long de la rivière Saint-Jean jusqu’à Connors. Ma grand-mère, elle c’est une irlandaise, pis mon grand-père un irlandais croisé avec du malécite, tu sais… pis lui, il s’est marié, pis il était rien que français, pis elle était rien qu’anglaise

Lui c’est un Cyr?
Oui c’est un Cyr mais elle c’est une Dubbé. Pis elle, elle parlait rien qu’anglais, pis lui rien que français, pis je disais à mémère : « ça devait pas marcher beaucoup hahaha » elle dit : « Ça a marché » elle dit : « ça a marché », pis là c’est ça toute sorte de secret là. Oh dans la toussaint là, il tuait un gros cochon pis il salait ça dans un gros quard, mais moi j’me rappelle de ça parce que je venais de Montréal, t’sais. Montréalais, on a pas vu grand-chose, à l’école à 12 ans, j’étais en 5ème année. Pis là elle, elle salait son, son lard pour l’hiver pis ses affimes. Pis les œufs, les œufs là, elle prenait une grosse caisse de beurre, elle mettait toutes les petits bouts en haut pis elle salait ça. Tu sais, quand le rang était complété, elle mettait du sel, elle bouchait toutes les œufs, pis elle en mettait une autre rangée, pis là on ramassait dans l’été, deux trois caisses d’œufs pour l’hiver. À noël là jusqu’au mois de mai les poules pondaient plus. Fais que là, on mangeait des œufs frais pis on cassait les œufs, le jaune crevait pas, c’était ben frais pareil que ça aurait été, t’sais là. Pis là elle fumait un petit peu, elle fumait là, pis sa cigarette elle prenait une aiguille pis elle plantait ça dedans pour pas en jeter, elle brûle icitte pff ahaha.
 

 

Ressources additionnelles:

La Déportation dans les arts II, Abram-Village, Î.-P.-É.
Monument de l'Odyssée acadienne, Dieppe, N.-B.
Monument de l'Odyssée acadienne, Port-la-Joye, Î.-P.-É.
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