Depuis ses débuts au 17e siècle, l’identité acadienne a beaucoup évolué. Aujourd’hui, son dénominateur commun est la langue française, même si certains anglophones se disent Acadiens puisqu’ils portent un nom de famille acadien.
La religion catholique et la langue française ont toujours fait parti de l’identité acadienne et d’ailleurs pendant longtemps, on disait que pour être acadien, il faut être catholique. On disait aussi que la langue était la gardienne de la foi, alors ce sont des discours qu’on a entendu, que j’ai moi-même entendu, mais les choses ont beaucoup évolué, il faut dire. Aujourd’hui, la religion et la langue française sont toujours considérées des éléments importants de la culture acadienne, de l’identité acadienne par beaucoup de personnes et surtout les personnes les plus âgées, mais je crois que pour les jeunes, ces deux éléments là et surtout le facteur religion est moins important. Dans les acadiens anglophones à l’Île-du-Prince-Édouard, sont considérés acadiens toujours par certaines personnes et d’autres personnes ne les considèrent pas acadiens, alors ça c’est quand même une question qui est un peu difficile à répondre, parce que c’est difficile de dire qui est acadien et qui l’est pas. Est-ce qu’on a le droit de décider pour une personne si elle est acadienne ou pas. Alors si tu es anglophone, tes deux parents sont francophones mais t’as grandi dans une ville anglaise, t’as pas appris le français ou t’as été anglicisé, est-ce que le fait que tu as perdu la langue française ou que tu ne l’as pas t’élimine automatiquement de la culture acadienne? De l’identité acadienne? De la communauté?
Alors, moi je crois, que une culture, une identité, un peuple, la langue est un élément très important, mais il n’est pas le seul élément qui contribue à l’identité d’un peuple alors tu peux pas enlever l’identité à une personne en lui enlevant la langue seulement. Il y a beaucoup d’autres choses qu’il faut enlever. Alors les acadiens à l’Île-du-Prince-Édouard, je crois en général considèrent encore les acadiens anglophones comme des acadiens, parce que ça touche pratiquement toutes les familles de l’Île-du-Prince-Édouard. Et puis, du côté des anglophones, eux souvent ne font pas beaucoup la distinction entre les acadiens francophones ou anglophones. Alors si on prend comme exemple à Rustico, la plupart des gens aujourd’hui ne parlent plus le français, alors ce sont des acadiens anglophones. Bien, pour les gens des villages qui entourent Rustico ou les gens de Charlottetown, pour eux les gens de Rustico sont encore des acadiens même s’ils parlent pas français, parce que, ils les identifient non seulement par la langue mais aussi par, bon, la généalogie, par leur histoire, par leur tradition familiale, par bien d’autres choses. Autrefois la religion catholique jouait un rôle de premier plan dans la société acadienne, souvent c’était le curé qui était le leader de la communauté, non seulement au point de vue religieux mais au point de vue communautaire et puis pratiquement tous les acadiens assistaient à la messe à l’église, faisaient leur devoir religieux et pis c’était compris que ça faisait parti de notre identitém, mais les choses ont évolué comme partout ailleurs. Aujourd’hui beaucoup moins de gens fréquentent l’église ou moins souvent qu’autrefois, maintenant y’a des, y’a beaucoup de mariage mixtes entre catholiques et protestants. Alors maintenant, il y a des acadiens qui sont devenus des protestants et puis je pense que beaucoup de ces gens là se considèrent encore acadiens, même s’ils ne sont pas de la religion catholique. Alors la religion catholique pour beaucoup ne, n’occupe plus un rôle important dans l’identité acadienne, mais elle demeure encore un facteur majeur pour surtout les personnes les plus âgées, parce que pour eux c’est encore ça qui définit en partie leur identité c’est leur religion catholique. Les associations de familles acadiennes sont pas fortes à l’Île-du-Prince-Édouard, y’a beaucoup d’acadiens ou plusieurs acadiens qui font partis d’associations de familles qui sont basées surtout au Nouveau-Brunswick mais ce qu’on a à l’Île-du-Prince-Édouard depuis plusieurs années, ce sont des rencontres de familles, alors des clans qui se rencontrent et puis qui organisent des activités. Alors ça je trouve ça intéressant et important parce que souvent lorsqu’ils organisent ces réunions là, ben ils sont intéressés à leur passé à leur histoire, à la généalogie et là la généalogie est importante, parce que je sens que pour beaucoup de gens, c’est à travers la généalogie qu’ils trouvent ou qu’ils redécouvrent leur identité acadienne. Parfois ce sont des gens qui, ça leur dit pas grand chose d’être acadien ou francophone, mais une fois qu’il découvre l’histoire de leur famille, la généalogie, là ça leur dit quelque chose et puis ils prennent davantage intérêt pour leur identité même pour la langue française. Je connais des gens qui ont décidé d’envoyer leur enfant à l’école française, même si eux ne parlent pas français, parce que ils ont découvert leur richesse de leur histoire familiale et de la richesse de leur communauté à travers leur famille, à travers leur généalogie, à travers des rencontres de familles.
Ah qui est un acadien, ah ça c’est une bonne question hein, je pense que y’a autant de réponse que de personne. Je pense que tout le monde a le droit de se réclamer d’origine acadienne s’ils ont des racines acadiennes ou du sang acadien. Mais je sais que pour certaines personnes être acadien, faut être francophone, faut habiter les provinces maritimes, moi j’suis plutôt ouvert, je pense que, on peut être plus large que ça. Parfois j’me dit mais un, disons, prenons un enfant, son père est un McNeil, sa mère est une Arsenault, il grandit dans un village acadien comme Abram-Village, il va à l’école française, il apprend à parler français et il grandit dans une communauté acadienne mais son nom est McNeil. Alors, bon c’est ça, il va être acadien en parti mais prenez un autre jeune, ces deux parents sont francophones, ces deux parents sont acadiens pis il grandit à Charlottetown, il est pas allé à l’école française, ne parle pas français, il s’intéresse pas tellement à son identité. Alors lui est-ce que, est-ce qu’il est plus acadien que le McNeil d’Abram-Village qui est à moitié acadien mais qui parle français. Alors ce sont des choses qui sont difficiles à juger. Moi j’ai l’impression que être acadien c’est une affaire de langue oui mais c’est aussi une affaire de cœur, une affaire de, d’histoire, d’histoire de communauté. Alors il ya beaucoup de choses qui rentrent en ligne de compte pour l’identité d’une personne et puis je pense pas qu’on peut voler l’identité ou enlever l’identité à une personne. Si, quelqu’un à un moment, à un moment donné découvre ses racines acadiennes. Ben pourquoi pas, pourquoi pas l’accepter comme une acadienne ou un acadien, je pense que, il peut beaucoup nous enrichir.
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