Le patrimoine oral d’Acadie, tout comme celui du Québec, regorge d’histoires d’hommes forts, géants dont les exploits dépassent largement les frontières de leur région pour rejoindre la légende. Leur seule carrure réussissait à imposer le respect, ce qui prend, dans une société minoritaire, tout son sens.
Mérémine c’est un gars qui était terriblement fort ça d’l’air, y avait pas de limite, lui un quart, un, on va dire un quart à l’air 46 gallons dans les drums là, y ramassait ça, y embarquait ça dans son camion, ça le dérangeait pas. J’ai entendu conter que lui y jobbait, c’est un jobbeur, y était dans les camps pis y’avait des chevaux pis y avait dit aux gars : « Pren…, Vous prendrez soins de mes chevaux », pis les gars y avaient mal traités les chevaux, ça fait que Mérémine a entendu parler de ça et donc il est monté au camp et quand il est arrivé au camp, ça a d’l’air que les vitres pis les portes étaient pas assez grandes pour que les gars sortent.
Y’a un monsieur, un monsieur qui s’en venait pis y voulait voir si Mérémine était vraiment fort. Fais qu’il l’a vu s’en venir, il a pris son auto pis, il a mis son auto de travers dans le chemin. Fais là lorsque Mérémine est arrivé, y a dit « oh Monsieur » c’était un monsieur Murray, y dit : « ôte ton char » « Non, non, non, y dit, ôte le toé » fais qu’il l’a pris par le devant pis il l’a mis de côté pis il a pris le derrière pis il l’a mis de côté, il a tassé son char, il a embarqué dans son truck pis il est parti, il s’en a été comme si de rien était.
Pratique!Hein?
Ouais, pour lui c’était comme, c’était normal.
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