Contes et légendes

Le folklore acadien provient du répertoire des premiers colons venus de France pour développer l’Acadie, au 17e siècle. Il s’est par la suite étendu au contact des différents peuples autochtones, européens et canadiens qui ont habité le territoire. Aujourd’hui, diverses initiatives sont mises en place pour mieux préserver cet important héritage culturel.

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Mon nom c’est Robert Richard, j’suis archiviste en ethnologie acadienne, au Centre de culture acadienne Anselme Chiasson, université de Moncton.

Robert, parles nous des contes et légendes de façon très globale, l’importance que ça l’a en Acadie.
L’importance que ça l’a en Acadie c’est qu’autrefois, c’est un, c’était un moyen de se divertir, parce qu’on avait, mettons si on dépasse les années de la, l’arrivée de la télévision, de la radio, c’était le moyen qu’on pouvait se divertir à la maison et pis, fais que c’était, c’était locale, c’était dans la maison, t’sais surtout, c’était pas nécessairement dans une salle où est-ce qu’on avait un spectacle ou t’sais là, juste le conte pis tout le monde arrivait là, t’sais là. Ça se faisait surtout à la maison, on pourrait dire, autrefois là. Quand qu’on dépasse l’arrivée des, de la radio des années 20 et la télé des années 60 là. C’était ça le divertissement, pis c’était un moyen si tu veux les contes, si qu’on parle des contes merveilleux, ben c’était, c’était un moyen de voguer si tu veux, d’aller dans l’irrationnel des choses qu’on qui peut pas se faire si tu veux, t’sais là, de vaincre des géants ou même avoir des géants t’sais des bêtes à Satan, toutes ces choses là, là. Fais que c’est, c’était vraiment d’aller dans l’imaginaire, dans l’irrationnel pis c’était un moyen de se divertir.

Le fait qu’on raconte des histoires, ça a pas disparu là, mais le fait de raconter des histoires traditionnelles que ce soit les contes traditionnels, c’est sûr qu’avec l’arrivée de la télévision dans les années 60, ça, ça a pratiquement disparu en Acadie. C’est sûr qu’il y a quelques, il reste encore quelques conteuses, conteurs là que je connais moi-même là, mais c’est vraiment une poignée de main si tu veux là, de la tradition et pis maintenant avec le renouveau du conte qui se passe un peu partout dans le monde, que ce soit la France, que ce soit le Québec français, le Québec, le Canada anglais, etc, aux États-Unis. Depuis une 10aine, une 15aine, une 20aine d’année, y’a à peu près là t’sais. Pis ici en Acadie ben on a commencé en 2002 avec le premier festival de conte.

Y’a beaucoup de gens qui a perdu la tradition d’un point de vue de l’écouter, d’un point de vue de le raconter aussi. Ça fait tout un développement à faire ou à conse…, conse…, vraiment plus à former les gens c’est quoi le conte, c’est quosse qu’un conte, pis comment ça se passe dans un conte, mais pour les faire, il faut avoir une soirée de contes où avoir un spectacle de contes, si qu’on peut l’appeler comme ça. Et pis là d’avoir cette relation là si tu veux avec le conteur et l’auditoire si tu veux, chaque personne. Parce que c’est ça le conte, c’est la relation que t’établit avec l’autre. Parce qu’on partage un univers qui est imaginaire. T’sais sur le conte du chaperon rouge, le conte du bâtiment blanc que je conte par exemple ou le conte Barbe bleue par exemple, ça c’est un voyage qu’on fait ensemble, c’est des images que moi je crée pis que toi tu crées tes propres images à partir de ça. J’utilise des mots pour le faire, des gestes, ou t’sais pour accentuer les, accentuer, le conte à des endroits et pis…

Parce que y a le talent du conteur aussi.
Oui, évidement y’a des conteurs qui sont naturels et pis les conteurs comme moi qui sont peut-être naturels mais à la fois, il faut, faut apprendre avec d’autres conteurs en regardant, en ayant des ateliers aujourd’hui, ben autrefois, on avait pas les ateliers, c’était vraiment, c’était vraiment un, c’était vraiment vivant là, c’était, on écoutait pis on absorbait là.

C’est sûr que les contes c’est universel, les contes de Cendrillon, y’a une version qui se raconte en Acadie c’est une adaptation du conte, y’a seulement pas les mêmes couleurs que le conteur a voulu lui donner en Louisiane, ou qu’on veut ben lui donner à l’Île-du-Prince-Édouard ou chez moi si tu veux là t’sais. Ça fait que c’est spécial pour ça, c’est parce que ça dépend du conteur, ça dépend du lieu, si à la fin y’a un gros festin, ben au lieu de parler d’un festin de dinde peut-être que on pourrait parler ou de certains repas spécifiques en Louisiane par exemple, ben on pourrait parler peut-être d’un messe de homard ou t’sais pour comme un festin si tu veux, c’est comme ce serait plutôt typique si tu veux à la région. Fais que ça fait ces couleurs là qu’on peut lui donner en Acadie par exemple.

Moi j’ai, personnellement j’ai pas d’enfants, mais en écoutant les autres, j’me rends compte que y a beaucoup de parents qui lisent des contes aux enfants. Ce sont des livres de contes qui ont acheté au magasin t’sais là, ou ben des choses qui fabriquent eux-mêmes t’sais à partir d’une lecture, ou qui inventent t’sais là et puis y’a de ça, mais aussi des conteurs comme moi qui va surtout aller puiser dans les archives de contes, des collections de contes, des contes traditionnels que moi je reprends, que j’adapte à ma façon et pis c’est ça là. Y’a toute sorte de conteurs si tu veux ici en Acadie là.

C’est de la création tant au niveau de littéraire, de l’écriture comme tel, que la façon de le raconter. Y’a beaucoup de création dans le conte.
Y’a une création c’est sûr, il y a une création d’images pis pour mon expérience, j’ai raconté des contes plusieurs fois, mettons une douzaine de fois et même une 20aine du conte du bâtiment blanc. Pis à chaque fois, c’est pas la même version, la squelette est là, les parties sont là, le début, la fin, le milieu, les personnages, tout ça, les actions mais reste que c’est ma saveur à moi, pis parfois je change les choses comme ça vient, si que je, j’ai une bonne relation avec le public. Si que les gens sont plus, y trouvent ça comique, ben ça, ça m’amplifie si tu veux. Fais que y a certaine relation que, qu’on fait là t’sais pis c’est ça.
 

 

Ressources additionnelles:

La Marlèche
Loup-garou, Lourdes, N.-B.
Yvette Pitre, conteuse
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